Lycées et MLDS

Depuis 2015 les ateliers Gagner en confiance et en conscience de soi  faisant partie du programme Etre acteur de sa vie élaboré par Dominique Dupoux Vaudeville sont principalement enseignés dans des lycées professionnels à des élèves en section Accueil Relation Client Usager(ARCU) et en CAP-Electricité. Or depuis une année il suscite également l’intérêt de l’académie de Paris qui l’intègre dans des actions organisées dans le cadre de la Mission de Lutte contre le Décrochage Scolaire (MLDS) pour des lycéens déscolarisés.

Pourquoi le Programme « Etre acteur de sa vie » ?

Les élèves qui le suivent ont un profil très particulier. Elèves en échec au collège, ils ont souvent été orientés par défaut en filière professionnelle et arrivent au lycée dans un état de grand découragement, présentant tous les signes d’une mauvaise estime de soi doublée, parfois, d’une certaine rancune à l’encontre du système scolaire qui les a, pensent-ils « exclus ».

En outre, la plupart de ces élèves sont issus de familles qui peinent à les aider dans leur parcours scolaire et personnel.
L’objectif premier de l’équipe pédagogique des lycées ou des coordonnatrices de la MLDS est d’accueillir ces élèves et de les remotiver :

  • Par un travail sur eux-mêmes et sur l’image qu’ils ont d’eux en mettant en avant leurs points forts et leurs qualités.
  • Par un travail d’apaisement et d’accompagnement qui leur permet d’accepter les autres en s’acceptant eux-mêmes.
  • Par un travail de cadrage et de mise en place de règles non négociables à l’intérieur desquelles la prise en charge sera souple et adaptée à chacun.
  • Par un travail enfin d’apprentissage des règles de la vie démocratique et des codes sociaux nécessaires à l’entrée dans la vie professionnelle.

 Qu’y fait-on ?

Les ateliers proposés interviennent totalement dans la démarche présentée ci-dessus. En préparant physiquement les élèves aux épreuves orales du Baccalauréat, à toute situation qui se présentera à eux dans les stages professionnels ou à une démarche de réinsertion scolaire Dominique Dupoux Vaudeville travaille, bien sûr, sur les codes vestimentaires, les codes comportementaux et langagiers. Mais elle aborde aussi un point plus fondamental: celui de la gestion du corps par rapport à lui-même, du corps par rapport à l’espace et du corps par rapports aux autres corps.

La plupart des élèves ont un rapport maladroit avec leur propre corps qu’ils cachent sous des vêtements envahissants ou qu’ils dénudent de façon inappropriée ou encore qu’ils abîment (vêtements déchirés, tatouages, piercings, etc…). Beaucoup de filles arborent des maquillages outranciers et ignorent les avantages qu’on peut tirer d’une tenue discrète.

De la même façon, on observe des difficultés à communiquer calmement. Le ton est toujours soit trop élevé soit trop faible. Adapter ses gestes et sa parole à la situation dans laquelle on se trouve et à son interlocuteur, apprendre à dire les choses clairement, trouver le bon positionnement et la bonne place, se réconcilier avec son aspect physique et apprendre à en tirer partie, voilà sans doute un défi capital pour les jeunes dont nous avons la responsabilité.

Une fois le corps réparé, le processus scolaire pourra doucement se remettre en marche… Le travail de Dominique Dupoux Vaudeville s’inscrit dans cette démarche.

Ce qu’on observe au fil des ateliers

S’inscrivant dans une démarche sur le long terme, une relation de confiance à soi-même et aux autres s’établit peu à peu chez l’élève, il gagne en paix intérieure, assurance et conscience de soi. Le corps commence à se dénouer, à trouver un ancrage, une verticalité, le regard se pose avec confiance, l’expression orale se libère et se construit posément. L’élève ose prendre la parole, il apprend à s’exprimer, émettre une opinion personnelle au sein du groupe et se risquer dans le jeu devant ses camarades. Il apprivoise l’écriture et l’art plastique comme moyens intimes de connaissance de soi et d’expression artistique.
De plus la pratique de l’improvisation dans une atmosphère de plaisir et de joie développe chez l’élève une aisance comportementale et langagière. Il se montre très heureux de jouer toute sorte de situations. Partager une même expérience avec ses camarades construit une solidarité forte, ici et maintenant.
Le jeu, libérateur et formateur, l’amène à mieux comprendre et appréhender de façon concrète et assurée sa propre vie et envisager en confiance de se remettre en marche vers l’apprentissage, envisager un avenir et poser des choix sur son orientation post-baccalauréat.